Rapport En question no 17 Contribuer à la politique par l’analyse de la recherche courante Aperçu de la participation des francophones à l’éducation postsecondaire en Ontario

L’accès limité à l’éducation postsecondaire en langue française pourrait avoir des répercussions sur la culture francophone 

Selon une synthèse des recherches actuelles du Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur (COQES), les communautés francophones de l’Ontario pourraient perdre de leur vitalité à cause du nombre insuffisant d’établissements de langue française dans la province. L’éducation et la prospérité économique étant liées (comme le mentionne le document de discussion), il importe que tous les jeunes francophones aient le même accès à l’éducation postsecondaire et que les communautés francophones demeurent viables et fortes. 

Description du projet

Les auteures du document Aperçu de la participation des francophones à l’éducation postsecondaire en Ontario cherchent à savoir si le taux de participation aux études postsecondaires (EPS) des Franco-Ontariens est les même que celui des anglophones de la province, si le système permet aux Francophones de poursuivre leurs études en français, et si les élèves choisissent d’étudier en français. 

Constatations

Au cours des 50 dernières années, les occasions d’apprentissage en langue française ont considérablement augmenté. Pourtant, il existe encore des limites quant à l’accessibilité des programmes, aux niveaux d’études et aux lieux des études. Les Francophones étudiant en français sont limités sur le plan géographique. La plupart des établissements bilingues sont situés dans l’est et au nord de l’Ontario, alors que Toronto ne compte qu’un seul collège de langue française et un seul campus universitaire bilingue. L’ouest de l’Ontario n’en compte aucun. Certes, le gouvernement a entrepris de s’attaquer à ce problème d’ordre géographique, en annonçant que tous les établissements francophones sont admissibles à un financement pour offrir des programmes en français en partenariat avec des établissements du sud-ouest et du centre de l’Ontario. Cependant, le document de discussion suggère que l’absence de représentation géographique relativement aux études en langue française pourrait constituer la plus grande restriction en matière de choix et un obstacle majeur à la vitalité linguistique des communautés. 

Il semble que les Franco-Ontariens poursuivent des EPS et obtiennent leur diplôme à un taux comparable à celui des anglophones. Toutefois, les données semblent exclure certains groupes francophones ou ne pas tenir compte de la diversité de la population francophone. Il se peut donc qu’elles ne rendent pas fidèlement compte de l’ensemble des Francophones poursuivant des EPS en Ontario. 

De plus, les données ne montrent pas clairement si les Francophones choisissent de poursuivre leurs études en français. Les données recueillies auprès des conseils scolaires de langue française en 2003 2004 révèlent que 29 % des diplômés des écoles secondaires de langue française décident de fréquenter des établissements d’enseignement postsecondaire de langue anglaise, ce qui laisse croire qu’une grande majorité des élèves choisissent de poursuivre leurs EPS en français. Par contre, aucune distinction n’est faite quant à la langue d’enseignement : ainsi, un élève peut fréquenter un établissement bilingue, mais étudier en anglais.

Autres recherches

Les auteures suggèrent d’approfondir les recherches, notamment sur l’expérience des Francophones qui poursuivent des EPS, les facteurs influant sur la langue d’enseignement choisie par les Francophones, de même que les répercussions de ce choix sur leur participation au sein de la communauté linguistique. Les auteures suggèrent également de diffuser à grande échelle les résultats des recherches approfondies, de manière à mieux faire comprendre les besoins des élèves francophones de l’Ontario. 

Le document Aperçu de la participation des francophones à l’éducation postsecondaire en Ontario a été écrit par Hillary Arnold, chercheuse au COQES, Anne Motte, et Lindsay DeClou, chercheuse au COQES.