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septembre 01  2011

Rapport En question – Participation des étudiantes et des étudiants à faible revenu en Ontario

Fiona Deller, Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur et Stephanie Oldford, Université de la Colombie-Britannique
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Sommaire de la recherche

Le faible niveau de connaissance des coûts, des avantages et de l’aide financière constitue un obstacle à la poursuite d’études postsecondaires

Les inscriptions dans les établissements postsecondaires de l’Ontario augmentent, mais pas chez les étudiants de familles à faible revenu. En outre, environ la moitié des étudiants à faible revenu qui poursuivent des études postsecondaires ne profitent pas des bourses et des prêts gouvernementaux conçus pour les aider. Les étudiants qui pourraient le plus profiter d’une aide financière n’y ont pas recours.

Selon de nouveaux rapports du Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur (COQES), de faibles niveaux de littératie financière constituent un obstacle aux études supérieures. Le coût du collège ou de l’université est de beaucoup surestimé par le grand public et par les jeunes à faible revenu en particulier. Pourtant la bonification de l’aide financière a peu contribué à réduire l’écart entre les taux de participation.

Description des projets
Littératie financière chez les étudiants à faible revenu : Analyse documentaire et du contexte examine les connaissances actuelles sur la littératie financière en tant qu’obstacle à la poursuite d’études postsecondaires (EPS), en particulier pour les étudiants à faible revenu du secondaire. La littératie financière, définie dans ce rapport comme étant les connaissances sur l’ensemble des coûts, des avantages et de l’aide disponible liés aux EPS, a été le sujet de nombre d’études et de programmes – dont plusieurs sont résumés dans le rapport. On analyse 21 études et 34 programmes connexes, en se préoccupant d’abord de la situation au Canada mais en examinant également celle de pays ayant des systèmes postsecondaires semblables, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Le rapport En question Participation des étudiantes et des étudiants à faible revenu en Ontario, qui résume la recherche actuelle dans le domaine, est le premier d’une série d’études sur la participation des groupes traditionnellement sous-représentés. Ce rapport met l’accent sur les étudiants à faible revenu de l’Ontario.

Constatations
L’Ontario vient au premier rang du pays pour ce qui est de la participation aux études postsecondaires, mais si le nombre d’inscriptions augmente généralement, le nombre d’étudiants provenant de familles à faible revenu n’a pas changé dans les établissements d’enseignement postsecondaire au cours des deux dernières décennies.

Les étudiants à faible revenu, qui peuvent en partant avoir à surmonter de nombreux obstacles à la participation, prennent souvent tôt durant leur scolarité les décisions concernant les EPS, décisions qui peuvent être fondées sur des perceptions erronées des coûts et des avantages des EPS. Les jeunes à faible revenu aussi bien que ceux à revenu élevé sous-estiment les avantages économiques des études universitaires.

En quantifiant la connaissance des coûts des EPS, en particulier chez les groupes à faible revenu, une étude canadienne a constaté que les étudiants des ménages ayant le plus faible revenu (revenu annuel de moins de 25 000 $) sont 24 % moins susceptibles d’évaluer correctement les coûts que ceux des ménages à revenu élevé (revenu annuel de plus de 75 000 $).

Selon une étude antérieure du COQES, Volonté des groupes sous-représentés de payer leurs études postsecondaires, de 5 à 20 % des étudiants ont une aversion pour les prêts, c’est-à-dire qu’ils éviteront de se prévaloir de bourses si elles sont assorties d’une option de prêt même si le prêt peut être refusé ou investi sans qu’il y ait d’intérêt à rembourser. L’aide financière du gouvernement est principalement établie en fonction des besoins et prend surtout la forme de prêts, bien que ces dernières années, le pourcentage du soutien accordé sous forme de bourses non remboursables ait augmenté. En Ontario, la proportion d’aide financière non remboursable a atteint 35 % en 2009-2010 – niveau comparable à la moyenne nationale. Cependant, malgré ces changements, l’écart entre les taux de participation des jeunes à faible revenu et ceux de familles aisées persiste.

Une autre préoccupation nous vient d’une étude réalisée aux États-Unis selon laquelle le tiers des conseillers d’orientation étaient plutôt d’accord ou fortement d’accord avec l’énoncé : « Les étudiants des familles à faible revenu devraient éviter de contracter des prêts étudiants parce que les conséquences d’un défaut de remboursement sont très graves ». Seulement 16 % étaient fortement en désaccord avec cet énoncé. Compte tenu des ouvrages reconnus démontrant le rendement élevé des études, disent les auteurs du rapport sur la littératie financière, ces résultats laissent entendre que les conseillers en orientation pourraient eux-mêmes profiter de cours en littératie financière.

Au Canada, la connaissance générale de l’aide financière destinée aux étudiants est très médiocre au sein de la population étudiante de tous les niveaux de revenu, mais légèrement supérieure à ce qui a été constaté aux États-Unis, où moins de la moitié du public déclare « bien connaître » ou « assez bien connaître » la façon d’obtenir une aide financière pour les EPS. Toutefois le fait d’être au courant que des programmes existent ne signifie pas qu’on les connaisse. Une étude canadienne brosse un tableau peu réjouissant de la connaissance de l’aide financière – des étudiants du premier cycle universitaire bénéficiant de prêts n’ayant répondu correctement qu’a trois questions sur sept sur l’aide financière. Mesurez vos connaissances, répondez au court questionnaire sur la littératie financière du COQES.

Les auteurs du rapport sur la littératie financière n’ont pas trouvé d’initiatives visant explicitement l’écart en matière de littératie financière des jeunes à faible revenu comme moyen d’accroître la participation aux EPS, bien que le rapport passe en revue plusieurs programmes qui fournissent aux jeunes, en général, de information sur la question ou qui les sensibilisent.

Seulement deux initiatives canadiennes, Pathways to Education Canada à Toronto et Career Trek au Manitoba, font la promotion des études postsecondaires tout en offrant une forme de soutien en matière de littératie financière ciblant les jeunes à faible revenu. La recherche continue, y compris, en Colombie-Britannique, le projet pilote La vie après l’école, de la Société de recherche sociale appliquée, dans le cadre duquel les étudiants reçoivent de l’information sur les EPS et l’aide financière ainsi que de l’assistance pour remplir les formulaires de demande. Le projet sera bientôt lancé en Ontario, avec le financement du ministère de la Formation et des Collèges et Universités.

Autres répercussions en matière de recherche et de politiques
Puisque les améliorations apportées à l‘aide aux étudiants au fil du temps n’ont eu que peu d’effet sur l’écart entre les taux de participation des étudiants à faible revenu et ceux à revenu élevé, d’autres politiques gouvernementales sont nécessaires pour compléter la réglementation sur les droits de scolarité et l’aide aux étudiants. Des interventions à un plus jeune âge aideraient à faire face aux perceptions et aux obstacles socioculturels, et à s’attaquer aux questions liées aux coûts, aux avantages et à l’aversion aux prêts ou aux dettes.

Des programmes d’intervention précoce au niveau du système, tels que ceux mis à l’essai par la Fondation canadienne des bourses d’études du millénaire ainsi que des programmes ciblés tels que Passeport pour ma réussite Canada, doivent être examinés dans le cadre de l’élaboration de nouveaux modèles de politiques. On devrait faire l’essai du découplage des bourses non remboursables et des prêts étudiants afin de déterminer si cela augmente la participation des jeunes à faible revenu aux programmes d’aide financière. 

Les auteurs soulignent le manque général d’études canadiennes sur le sujet de la littératie financière en tant qu’obstacle à la poursuite d’études postsecondaires par les jeunes à faible revenu et la pénurie d’études fournissant des preuves rigoureuses de l’efficacité des programmes de littératie financière pour aider les jeunes à faible revenu à faire des études supérieures. Avant de mettre en œuvre de nouveaux programmes qui intègrent la littératie financière liée aux études postsecondaire, des études pilotes devraient être réalisées afin d’en comprendre les avantages et les coûts.

Littératie financière chez les étudiants à faible revenu : Analyse documentaire et du contexte a été écrit par Marc Frenette et Jennifer Robson (consultante), Société de recherche sociale appliquée.

Participation des étudiantes et des étudiants à faible revenu en Ontario a été rédigé par Fiona Deller, directrice de recherche au Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur et Stephanie Oldford également gestionnaire, Financial Support Initiatives, Student Financial Assistance and Awards, Université de la Colombie-Britannique.