Ignorer les commandes du ruban
Passer au contenu principal
SharePoint
Naviguer vers le haut

mars 15  2012

Persévérance aux études postsecondaires : Nouvelles données pour l’Ontario

Ross Finnie, Stephen Childs et Theresa (Hanquin) Qiu, Université d’Ottawa

Publication complète :

Téléchargez la publication complète en .pdf

Le décrochage est plus probable pendant la première année d’études postsecondaires, mais le nombre de décrocheurs est inférieur à ce que l’on croyait initialement 

La première année des études postsecondaires (EPS) est cruciale pour les étudiants puisque la majorité des « cas de décrochage » se produisent au cours de cette période. Toutefois, les statistiques sur le décrochage d'un établissement ne brossent qu’un tableau partiel de la situation. En effet, ces données ne comprennent pas les étudiants qui ont changé de programme ou d'établissement ni ceux qui reprennent leurs études après un certain temps d'absence.

Une nouvelle étude publiée par le Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur (COQES) révèle que, dans l'ensemble, les taux d'abandon sont inférieurs et les taux d’obtention d’un diplôme sont supérieurs lorsqu'ils sont examinés d'un point de vue systémique tenant compte des divers cheminements offerts aux étudiants une fois qu’ils sont inscrits à des études postsecondaires. Selon le rapport Persévérance aux études postsecondaires : Nouvelles données pour l’Ontario, les programmes et initiatives destinés à améliorer la persévérance, ce qu’on appelle aussi la rétention des élèves, devraient servir à examiner cet enjeu de ce point de vue plutôt que de l'étudier uniquement en fonction des taux « de décrochage » des établissements d’enseignement puisque ceux-ci peuvent être trompeurs.

Description de projet
L'étude repose sur les données de l’Enquête auprès des jeunes en transition (EJET-A) qui vise à assurer un suivi des transitions importantes dans la vie des jeunes, en particulier en ce qui a trait aux études. Les étudiants ayant participé à cette étude nationale ont été recrutés lorsqu'ils avaient 15 ans (1999) puis interviewés tous les deux ans jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge de 22 ou 23 ans. Pour leur part, les études menées auparavant sur la poursuite des études postsecondaires n'assuraient le suivi que des étudiants d'un établissement donné à compter de leur deuxième année d'études. L'utilisation des données de l’EJET-A permet d’effectuer une analyse à plus long terme et d'examiner un plus grand nombre de facteurs, y compris l'identification des groupes sous-représentés et minoritaires, les renseignements contextuels, comme le revenu familial, et les liens aux résultats obtenus au test normalisé du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), que les participants à l’étude ont en outre passé lorsqu’ils avaient 15 ans.

Constatations
Tant chez les étudiants de niveau collégial qu’universitaire, les taux de changement de programme et d’abandon sont plus élevés pendant la première année des EPS puis diminuent considérablement au cours d’un programme. Toutefois, le taux global d'abandon au collège et à l'université diffère grandement de celui du reste Canada. Dans le cas des étudiants de niveau collégial, 23 % de ceux qui commencent un programme en Ontario abandonnent ce programme avant d’avoir obtenu leur diplôme ou sans changer directement de programme au cours des trois premières années. Ce taux est légèrement supérieur à la moyenne nationale. À l'inverse, le taux d'abandon des étudiants de niveau universitaire en Ontario est légèrement inférieur à celui du reste du Canada. En effet, seulement 7,4 % de ces étudiants ont laissé tomber complètement leurs EPS à la fin de leur quatrième année. Dans le reste du Canada, ce taux est de 18,4 %.

La raison avancée le plus souvent pour expliquer l’abandon des études ou le changement de programme est sans conteste « n’aimait pas le programme/programme ne convenait pas ». Cette réponse a été fournie par près de 50 % des étudiants de niveau collégial et par un peu plus de 35 % des étudiants de niveau universitaire. Les difficultés financières étaient loin derrière les autres raisons invoquées, comme des raisons de santé et personnelles, des notes trop basses et le fait de vouloir travailler.

Certains groupes identifiables semblent présenter des taux d’abandon considérablement plus élevés que les autres, tant à l’échelle nationale que provinciale. Les étudiants des niveaux collégial et universitaire handicapés, issus d’une famille à faible revenu ou d’une famille monoparentale risquent davantage d’abandonner leurs EPS. De plus, au niveau universitaire, les étudiants provenant d’un milieu rural, les étudiants autochtones et ceux dont les parents n'ont pas suivi d'études postsecondaires, désignés également d’étudiants de « première génération », présentent plus de risques de décrocher.

En raison de l'étendue des données de l’EJET-A, les auteurs du rapport ont relevé divers facteurs ayant une incidence sur la persévérance, ce qu’ils n'auraient pas été en mesure d'accomplir avec les données recueillies habituellement par les établissements d'enseignement. Cette analyse peut favoriser la mise en œuvre de politiques et de programmes plus efficaces en traitant les étudiants comme toute autre personne pouvant être influencée par un certain nombre de facteurs. Toutefois, l'accès à ce genre de renseignements est de plus en plus difficile parce que ces études approfondies et pluriannuelles sont effectuées moins souvent qu’auparavant.

Ce rapport a été préparé par Ross Finnie, École supérieure d’affaires publiques et internationales et Initiative de recherche sur les politiques de l’éducation, Université d’Ottawa ainsi que par Stephen Childs et Theresa (Hanquin) Qiu, qui prennent tous deux part à l’Initiative de recherche sur les politiques de l’éducation à l’Université d’Ottawa.