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août 20  2013

L’hétérogénéité linguistique et les voies d’accès non traditionnelles aux études postsecondaires en Ontario

Sylvie A. Lamoureux, Victoria Diaz, Alain Malette, Pierre Mercier, Jean Luc Daoust, Johanne Bourdages, Karine Turner et Megan Cotnam Kappel, de l’Université d’Ottawa

Publication complète

Un programme de mentorat étudiant pour francophones facilite le passage au postsecondaire

Étant le plus important établissement postsecondaire bilingue (anglais-français) en Amérique du Nord, l’Université d’Ottawa compte des nombres considérables d’étudiants anglophones et francophones provenant de partout au Canada ainsi que de l’étranger. Ceci dit, la majorité de ses étudiants viennent de l’Ontario et sont souvent issus de villes diversifiées sur les plans culturel et linguistique. 

Promouvoir la culture francophone et aider les communautés francophones de l’Ontario à prospérer sont deux éléments importants du mandat de l’Université. Souvent, les étudiants francophones qui proviennent de communautés francophones en situation minoritaire (où les francophones représentent moins de 5 % de la population) ont de la difficulté à s’adapter sur les plans social et scolaire lorsqu’ils arrivent à l’université. 

Description du projet
Le rapport intitulé L’hétérogénéité linguistique et les voies d’accès non traditionnelles aux études postsecondaires en Ontario, publié par le Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur, porte sur deux initiatives mises sur pied par l’Université pour tenter de mieux cerner les difficultés auxquelles se heurtent ses étudiants francophones, de même que le rôle des cours de langue dans la réussite scolaire. Dans le cadre du programme de mentorat régional, un projet pilote visant la cohorte de 2011 2012, des étudiants de première année ont été jumelés à des étudiants de deuxième année ou plus provenant de la même communauté dans le but de faciliter l’intégration sociale et scolaire des nouveaux étudiants. Deux cent onze étudiants, provenant du nord est, du centre et du sud ouest de l’Ontario ainsi que du Nouveau Brunswick, ont participé au projet.

La deuxième initiative consistait en une analyse quantitative ayant pour but d’approfondir le rôle des cours de langue sur la réussite des étudiants, avant et pendant leurs études universitaires. Cette analyse portait principalement sur les étudiants francophones ontariens de premier cycle qui arrivaient directement du secondaire.

Constatations
Les étudiants francophones des communautés en situation minoritaire ont fait face à de nombreuses difficultés pendant leur première année à l’université. Ils ont eu du mal à se faire des amis, à s’y retrouver sur le campus et à vivre en autonomie. Sur le plan scolaire, la gestion du temps et l’adaptation aux cours universitaires semblaient être les problèmes les plus courants. Un grand nombre d’étudiants francophones estimaient qu’ils n’avaient pas les mêmes connaissances que leurs pairs, surtout ceux qui avaient reçu une formation plus avancée en langue française. 

Un certain nombre d’étudiants manquaient d’assurance quant à leurs compétences en français dans les situations sociales en classe. Certains pensaient que leur accent n’était pas apprécié à l’université — qu’on y préférait un français plus recherché que celui dont ils avaient l’habitude. Certains mentors ont vu des étudiants remettre leur identité francophone en question, alors que d’autres jugeaient qu’il y avait un manque d’ouverture face aux différents accents et styles d’écriture des étudiants. Ces derniers étaient la cible de commentaires négatifs sur leur accent, leur syntaxe et les expressions qu’ils utilisaient en parlant ou dans leurs travaux écrits. 

Malgré ces difficultés, un sondage réalisé en janvier 2012 révélait que 80 % des étudiants se sentaient à l’aise en tant que francophone à l’université. Les étudiants considéraient le programme de mentorat comme un élément essentiel de leur expérience universitaire, surtout pour ce qui était de faciliter l’adaptation à ce nouvel univers.

L’analyse quantitative a démontré que la qualité de la préparation scolaire au secondaire, plus particulièrement les résultats au cours de français préuniversitaire de la 12e année, était un important déterminant de la réussite au niveau universitaire, tout comme le conseil scolaire d’origine. Les auteurs soulignent toutefois qu’un grand nombre d’autres facteurs influent sur la réussite et doivent être approfondis.

L’étude fait partie d’un ensemble d’études menées par le COQES qui visent à explorer les itinéraires pris par les élèves ayant suivi un cheminement non traditionnel qui mènent à des études postsecondaires. Ces études visent en outre à explorer les changements stratégiques susceptibles de faciliter la transition des élèves vers le système d’éducation postsecondaire de l’Ontario de même que leur progression au sein du système. 

Le rapport L’hétérogénéité linguistique et les voies d’accès non traditionnelles aux études postsecondaires en Ontario a été rédigé par Sylvie A. Lamoureux, Victoria Diaz, Alain Malette, Pierre Mercier, Jean Luc Daoust, Johanne Bourdages, Karine Turner et Megan Cotnam Kappel, de l’Université d’Ottawa.