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juillet 30  2013

Les répercussions de l’apprentissage en ligne sur la productivité, le coût et la qualité de l’enseignement supérieur : analyse du contexte et examen de la documentation

Thomas Carey et David Trick

Publication complète :​

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L’enseignement en ligne sera vraisemblablement source d’un apprentissage efficace et d’économies

D’après un rapport publié par le Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur (COQES), l’enseignement en ligne peut assurer la prestation d’un apprentissage de grande qualité – pour certains étudiants, dans certains champs d’études – à des coûts unitaires passablement inférieurs à ceux des formes classiques de scolarisation, et les économies réalisées contribueront vraisemblablement à financer les coûts liés à l’amélioration de l’apprentissage en face-à-face.

Description de projet
Les répercussions de l’apprentissage en ligne sur la productivité, le coût et la qualité de l’enseignement supérieur : analyse du contexte et examen de la documentation permet un examen exhaustif du recours à l’apprentissage en ligne dans l’enseignement supérieur au Canada et à l’étranger. Bien qu’on convienne dans le rapport des carences relatives en données ou études expérimentales dans ce domaine florissant, on y étudie les répercussions du passage à l’apprentissage en ligne sur les coûts, la qualité et la productivité, puis on présente en conclusion plusieurs suggestions au gouvernement quant aux voies à emprunter pour accroître le recours à l’apprentissage en ligne dans le système d’enseignement postsecondaire en Ontario.

Constatations
Selon les auteurs : « Le nombre d’étudiants bien préparés et motivés en Ontario est suffisamment important pour que le gouvernement provincial … manifeste de l’intérêt à cet égard pour faire en sorte [qu’il y ait des] possibilités d’apprentissage en ligne. Celles-ci devraient correspondre aux besoins en apprentissage des étudiants et – si elles sont exécutées à grande échelle – permettre aux établissements d’enseignement supérieur, aux étudiants ou aux uns ou aux autres de réaliser des économies. Cependant, rien n’indique que l’apprentissage en ligne permet à lui seul la concrétisation de tous les résultats en apprentissage attendus des étudiants de niveau postsecondaire en Ontario. » Le rapport fait mention de la documentation selon laquelle les étudiants hors normes aux États-Unis réussissent moins bien que les étudiants ordinaires en ce qui touche l’apprentissage en ligne et qu’ils nécessitent un soutien supplémentaire.

Toujours selon les auteurs, en ce qui touche la productivité, les sources empiriques qui permettent de documenter le coût de la formation en ligne par rapport à celui de la formation en face-à-face sont restreintes. Il faut également remarquer que la question à savoir qui devrait ou pourrait tirer parti des économies ne fait pas l’objet d’un consensus. L’un des obstacles à la direction d’une analyse de coûts en bonne et due forme consiste à définir les coûts à intégrer et la période d’études.

Néanmoins, les auteurs sont d’avis que la formation entièrement en ligne pourrait permettre à la fois un apprentissage efficace et des économies, ce qui peut contribuer au financement des coûts liés à l’amélioration de l’apprentissage sous sa forme classique, dont les coûts de mise en œuvre de modèles hybrides permettant de jumeler la scolarisation en ligne à celle en face-à-face. «  L’adoption de l’apprentissage en ligne devrait avoir pour objet de libérer des ressources qui pourront être réaffectées en vue de conserver et d’appuyer les éléments auxquels nous accordons la plus grande importante dans l’enseignement supérieur, comme le mentorat et l’encadrement permettant aux personnes en formation de mettre au point de nouvelles façons d’apprendre, de faire et d’être. »

Parmi les milieux d’apprentissage concrets qui pourront bénéficier de cette révolution en ligne, il y a les universités de Toronto et de la Colombie-Britannique; ces deux établissements ont conclu des partenariats avec Coursera et edX, fournisseurs de cours en ligne ouverts et massifs (appelés MOOC). Les deux universités susmentionnées s’attendent à ce que de telles initiatives soient bénéfiques à l’expérience d’apprentissage en classe sous sa forme classique.

Parmi les tendances naissantes dans la sphère de l’apprentissage en ligne, il y a : la possibilité d’accroître l’accès aux études et son caractère abordable au moyen des manuels en ligne; les systèmes d’apprentissage adaptés, lesquels – dans certaines matières – peuvent procurer aux étudiants des voies d’apprentissage personnalisées; les outils d’analyse de l’apprentissage, lesquels permettent au corps professoral de bien comprendre et appuyer le rendement des étudiants; de même que la croissance continue des MOOC, d’abord mis au point par Stephen Downes du Conseil national de recherches du Canada, et George Siemens de l’Université d’Athabasca, comme le font remarquer les auteurs. De fait, le concept de MOOC a été créé en 2008 par Dave Cormier de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard.

Conclusions
Au dire des auteurs, la formation entièrement en ligne donne la possibilité de réaliser d’importantes économies d’échelle, mais seulement à grande échelle, ce qui exige une collaboration qui va au-delà des limites des établissements. Il y a lieu que le gouvernement envisage l’établissement d’un objectif triennal pour créer une liste particulière de programmes d’études universitaires ou collégiales très recherchés et qui sont essentiellement ou complètement en ligne en vue de la mettre à la disposition des étudiants de l’Ontario. Parallèlement, il convient de mettre en ligne une liste particulière de cours très recherchés qui donneront droit à des crédits dans l’ensemble des universités et collèges de l’Ontario offrant un programme dans cette discipline.

Dans le rapport, on affirme que la collaboration avec des établissements d’enseignement, en Ontario ou ailleurs, peut permettre aux collèges et universités de l’Ontario de tirer parti des programmes naissants dans l’apprentissage en ligne et de contribuer à leur façonnement. Il y a lieu d’inviter les établissements à travailler en collaboration pour veiller à ce que les initiatives en ligne appuient pleinement les buts stratégiques du gouvernement de l’Ontario relativement à la qualité et à l’accès, dans un contexte où le financement est limité.

Pour que la stratégie gouvernementale soit performante, il faudrait d’abord adapter l’infrastructure actuelle des règlements par le retrait des obstacles inutiles à un enseignement en ligne de grande qualité. Il y a lieu également de favoriser l’instauration de cours hybrides, dans les cas où ceux-ci permettent d’améliorer les résultats d’apprentissage.

Selon les auteurs : « Dans un système quasi-universel d’enseignement supérieur, qui évolue au sein d’une économie où les hausses des recettes de l’État et des revenus des familles des étudiants sont restreintes, il est nécessaire de trouver des domaines où la productivité peut être améliorée. Les étudiants, les éducateurs et les établissements doivent profiter au maximum des avancées naissantes dans l’apprentissage en ligne afin d’appuyer les expériences d’apprentissage qui sont les plus appréciables dans l’enseignement supérieur. »

​Les auteurs de Les répercussions de l’apprentissage en ligne sur la productivité, le coût et la qualité de l’enseignement supérieur : analyse du contexte et examen de la documentation sont les conseillers pédagogiques Thomas Carey et David Trick. Thomas Carey est professeur de recherche à l’Université de l’État de San Diego de même que chercheur invité à l’Université d’Athabasca et à l’Université de l’Île de Vancouver; par le passé, il a assumé les fonctions de vice-président associé à l’Université de Waterloo. David Trick est président de la société David Trick and Associates Inc., formée de conseillers en stratégie et en gestion dans le secteur de l’enseignement supérieur. Il a été auparavant sous-ministre adjoint de l’Éducation postsecondaire au gouvernement de l’Ontario.