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juin 26  2014

Les portfolios électroniques peuvent-ils aider les étudiants de premier cycle à comprendre les résultats de l’apprentissage en fonction des compétences?

Tanya S. Martini et Matt Clare, de l’Université Brock

Publication complète 

De nombreux étudiants de premier cycle ont de la difficulté à reconnaître les compétences acquises en classe

Bien que les étudiants comprennent les nombreuses compétences transférables que recherchent les employeurs, un nouveau rapport du Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur (COQES) examinant les étudiants en psychologie à l’Université Brock a conclu que les étudiants universitaires méconnaissent leurs compétences et le lien entre celles-ci et les travaux de cours. De plus, les étudiants croient que les chargés de cours n’insistent pas assez sur le lien entre les travaux et le perfectionnement des compétences.

D’après les auteurs, la difficulté ne réside pas dans l’acquisition comme telle de compétences transférables, mais vient plutôt du fait que les étudiants ne se rendent pas compte des compétences qui entrent en jeu dans les projets particuliers. Ils éprouvent donc de la difficulté à expliquer comment leur éducation leur a permis d’acquérir les qualités recherchées par les employeurs.

Le rapport, Les portfolios électroniques peuvent-ils aider les étudiants de premier cycle à comprendre les résultats de l’apprentissage en fonction des compétences?, vise à déterminer si des outils, comme les portfolios électroniques ‒ où les étudiants doivent faire un suivi systématique des compétences acquises pendant leurs études et les mettre en valeur ‒, aident à mieux sensibiliser aux compétences. L’étude conclut que même si ces outils peuvent être utiles avec le temps, ils ne comportent pas d’incidence en tant qu’intervention unique ou encore à la fin du programme d’études.

Description du projet
L’étude a porté sur 141 étudiants, comptant pour 61 % des étudiants de troisième et quatrième années inscrits au programme de spécialisation en psychologie à l’Université Brock au cours de l’année universitaire 2012-2013. Les étudiants devaient répondre à un questionnaire vidéo en ligne et utiliser un portfolio électronique personnalisé où inscrire des renseignements détaillés sur sept compétences transférables : la communication, le travail d’équipe, le leadership, les habiletés en recherche et techniques, la pensée critique et la résolution de problèmes, et le savoir-être. Ils devaient aussi examiner trois activités susceptibles d’améliorer ces compétences : les travaux de cours, l’expérience professionnelle et les activités parascolaires. Des crédits ont été accordés aux étudiants qui ont participé à l’étude.

Conclusions
La majorité des étudiants étaient en mesure de nommer les compétences transférables qu’ils devaient acquérir pendant leur programme d’études, bien qu’ils en aient nommé certaines plus souvent que d’autres. En particulier, une forte proportion d’étudiants ont mentionné au moins une compétence organisationnelle (88 %), en communication (85 %) ou interpersonnelle (7 %), mais ont indiqué moins souvent la pensée critique (62 %) et le leadership (43 %). Selon les auteurs, ces résultats sont préoccupants en raison de l’importance qu’accordent les employeurs à ces compétences. Même si les étudiants étaient conscients de ces compétences, ils éprouvaient de la difficulté à les expliquer ou à définir plusieurs d’entre elles. Dans bon nombre de leurs définitions, les étudiants mettaient l’accent sur l’exécution optimale de chaque compétence (par exemple, la communication claire et concise), sans toutefois montrer de façon convaincante qu’ils comprenaient les habiletés de base associées à chacune.

Les étudiants avaient aussi du mal à saisir le lien entre leurs travaux de cours ordinaires et les compétences qu’ils avaient désignées comme importantes. Par exemple, deux des travaux de cours devaient être effectués en groupe mais, dans les deux cas, moins de la moitié des étudiants ont mentionné que le but visé par le chargé de cours était l’amélioration du travail d’équipe ou des compétences interpersonnelles.

Ces constatations portent les auteurs à croire qu’un portfolio électronique comporte peu d’effets sur la sensibilisation aux compétences. Ce genre d’outil serait d’une plus grande utilité s’il s’inscrivait dans un virage vers une approche globale axée sur les compétences dans l’ensemble du programme d’études, où on insisterait sur les compétences les plus importantes pour l’établissement d’enseignement, le programme d’études ou le choix de carrière des étudiants. Ce virage pourrait inciter le corps professoral à montrer les liens entre les travaux de cours et l’acquisition des compétences. Ces outils devraient aussi être intégrés aux programmes d’études, car les étudiants sont déjà occupés à effectuer leurs travaux de cours et à s’acquitter d’autres responsabilités.

Tanya S. Martini et Matt Clare, de l’Université Brock, sont les auteurs de l’étude, Les portfolios électroniques peuvent-ils aider les étudiants de premier cycle à comprendre les résultats de l’apprentissage en fonction des compétences?