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décembre 06  2019

La réussite au secondaire et l’accès aux études postsecondaires

Karen Robson, Reana Maier, Paul Anisef et Robert S. Brown

​Rapport

Selon une étude, les obstacles à l’obtention d’un diplôme d’études secondaires et à la fréquentation d’un collège diminuent pour les groupes sous-représentés

Être issu d’un quartier à faible revenu ou provenir d’une famille dont les parents n’ont pas fait d’études postsecondaires ne constitue pas des obstacles importants à l’obtention d’un diplôme d’études secondaires et à la fréquentation d’un collège. Toutefois, ce sont des facteurs qui exercent encore une forte influence sur les personnes qui fréquentent l’université, conclut un nouveau rapport publié par le Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur.

Les chercheurs ont utilisé un ensemble de données longitudinales compilées par le Toronto District School Board (TDSB) pour étudier les facteurs qui influent sur la réussite à l’école secondaire et sur l’accès à l’enseignement postsecondaire — et pour déterminer si ces facteurs ont changé au fil du temps — en particulier chez les élèves qui risquent de ne pas terminer leurs études secondaires et d’être sous-représentés au collège et à l’université. Il s’agit notamment d’étudiants qui ont des besoins particuliers, racialisés, issus de familles à faible revenu et dont les parents n’ont pas fait d’études postsecondaires. L’étude a porté sur deux cohortes d’élèves qui ont fait leurs études secondaires à cinq ans d’intervalle : la première a commencé la 9e année en 2005-2006 et a présenté une demande d’admission aux études postsecondaires en 2009 ou 2010, et la deuxième a commencé la 9e année en 2010-2011 et a présenté une demande d’admission aux études postsecondaires en 2014 ou 2015. 

Selon le rapport intitulé La réussite au secondaire et l’accès aux études postsecondaires, la proportion d’élèves du secondaire qui ont confirmé une offre d’acceptation à une université ontarienne est passée de 48 % pour la première cohorte d’élèves à 52 % chez la deuxième cohorte, tandis que la proportion des élèves qui ont confirmé l’acceptation d’une offre d’un collège ontarien est passée de 14 % à 18 %.

L’effet du revenu des ménages du quartier sur la prévision de l’obtention d’un diplôme d’études secondaires est devenu moins important au cours de la période visée par l’étude. Le revenu du ménage n’était pas non plus un prédicteur important de la confirmation de l’acceptation au collège, mais il était notable dans la prévision de l’acceptation à l’université. De même, les études postsecondaires des parents n’étaient pas un déterminant significatif de l’obtention d’un diplôme d’études secondaires ou de la confirmation d’études collégiales, mais elles importaient pour prédire la confirmation d’études universitaires. 

« Il se peut que la richesse et les ÉPS des parents, ainsi que la transmission des valeurs ou du capital culturel qui les accompagnent souvent, n’influent pas sur la diplomation du secondaire ou sur l’admission au collège, mais elles semblent tout de même influer sur l’admission à l’université », écrivent les auteurs. Les conclusions tirées comportent des éléments d’information probants quant à « l’accroissement des disparités fondées sur les classes sociales » entre ceux qui font des études universitaires et ceux qui n’en font pas, ont-ils ajouté.

Bien que le taux de diplomation au secondaire ait augmenté chez les élèves ayant des besoins particuliers en matière d’éducation ainsi que chez ceux qui n’en avaient pas, le gain était beaucoup plus important chez ceux qui n’en avaient pas et l’écart entre les deux groupes s’est considérablement élargi entre les deux cohortes. La tendance est particulièrement inquiétante compte tenu de l’augmentation de huit points de pourcentage dans la proportion d’élèves du secondaire considérés comme ayant des besoins particuliers en matière d’éducation, soulignent les auteurs. Au niveau postsecondaire, le fait d’avoir des besoins particuliers en matière d’éducation a eu peu d’effet sur la probabilité qu’un étudiant confirme une offre d’admission au collège, tandis que la probabilité qu’il confirme son acceptation à l’université a diminué.

L’étude a également révélé que certains élèves racialisés sont plus susceptibles de confirmer une offre d’acceptation d’une université ou d’un collège que les élèves blancs. Toutefois, les chercheurs ont insisté sur ce point, soulignant que des études antérieures ont démontré que les règles du jeu ne sont pas les mêmes pour tous les élèves racialisés, en particulier les garçons noirs qui, écrivent-ils, « doivent naviguer dans une course à obstacles structurels pour éviter d’être placés dans des volets appliqués et désignés comme ayant des besoins particuliers en matière d’éducation » pendant leurs études secondaires.

Dans l’ensemble, les constatations sont un mélange de bonnes et de mauvaises nouvelles pour les étudiants des groupes traditionnellement défavorisés, concluent les auteurs. Bien que l’importance des obstacles structurels à l’obtention d’un diplôme d’études secondaires et à la fréquentation d’un collège ait diminué au cours des dernières années, des écarts majeurs subsistent au niveau universitaire, disent-ils. 

Les auteurs soulignent que le TDSB, qui est le conseil le plus important de la province, constitue également l’un des plus diversifiés. Ils préviennent les intéressés que les données démographiques du TDSB diffèrent de celles du reste de la province et qu’un manque de données empêche d’extrapoler les résultats à d’autres administrations.

La réussite au secondaire et l’accès aux études postsecondaires a été rédigé par Karen Robson, Reana Maier, Paul Anisef et Robert S. Brown.