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février 25  2014

L’atelier sur les techniques d’enseignement et son incidence sur l’approche pédagogique de ses participantes et participants

Debra Dawson, Ken Meadows, Karyn Olsen et Gayle McIntyre du Centre for Research on Teaching and Learning in Higher Education de l’Université Western; Paola Borin et Judy Britnell de l’Université Ryerson

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Nouvelle étude, la plus importante à ce jour, sur les répercussions de l'Atelier sur les techniques d’enseignement

Plus de 100 établissements à travers le monde ont offert l'Atelier sur les techniques d'enseignement (ATE) au cours des 30 dernières années afin de former les enseignants sur des méthodes plus axées sur les étudiants et favorisant l'autoréflexion, mais relativement peu de recherches ont été menées sur ses répercussions. Selon la nouvelle étude du Conseil ontarien de la qualité de l'enseignement supérieur, la plus importante réalisée à ce jour sur l'ATE, les participants à l'Atelier ont déclaré qu'ils portent maintenant une attention accrue aux besoins, à la participation et aux commentaires des étudiants.

Description du projet
Pour les besoins de l'étude, L’atelier sur les techniques d’enseignement et son incidence sur l’approche pédagogique de ses participantes et participants, les membres du corps professoral inscrits à l’ATE offert à l'Université Western, à l'Université Ryerson, au Collège Georgian et à l'Université de Waterloo entre février 2011 et août 2012 ont rempli des sondages, avant et après l'Atelier, qui portaient sur les méthodes d'enseignement et les changements de point de vue au sujet de l'enseignement. Un groupe de discussion et des entrevues individuelles ont également eu lieu au cours des cinq à 12 mois ayant suivi l'atelier. En tout, 45 sondages remplis par des participants à l’ATE et 25 sondages remplis par des personnes n'ayant pas participé à l'Atelier (groupe témoin) ont été analysés.

Constatations
Les participants à l'Atelier axaient leur enseignement beaucoup moins sur eux quatre mois après l’étude, tandis que ceux du groupe témoin n’avaient pas changé leur façon d’enseigner. Dans le cadre de l’analyse qualitative, les participants à l’ATE ont indiqué fréquemment qu’ils remplaçaient certains des cours magistraux par diverses méthodes d’apprentissage actif, réduisant ainsi l’accent mis sur la transmission du contenu. « De nombreux commentaires recueillis pendant l’analyse qualitative appuient le passage à un enseignement axé davantage sur les étudiants pour ce qui est de penser à leurs besoins, de planifier des activités qui font participer activement les étudiants et de recueillir la rétroaction des étudiants », soulignent les auteurs. Voici l’un des commentaires :

« Je crois qu’auparavant je me concentrais davantage sur moi… mais maintenant je vois vraiment l’enseignement comme un processus réciproque, je m’en remets donc à mes étudiants et leur demande de me fournir leurs commentaires afin que je puisse trouver une façon plus efficace d’enseigner la matière la prochaine fois ou déterminer ce que je dois leur apporter pour qu’ils réussissent. »

Si les auteurs tiennent à préciser que l’intervalle de quatre mois après l’étude n’a peut-être pas donné suffisamment de temps aux enseignants pour adopter une approche axée davantage sur les étudiants, c'est-à-dire une approche qui favorise l’acquisition d’aptitudes en pensée critique et en résolution de problèmes, ils soulignent que les membres du groupe témoin ont privilégié de moins en moins leur perfectionnement au cours de ces quatre mois. Bien que les analyses quantitatives n’aient pas révélé d’amélioration dans ce domaine, les commentaires recueillis pendant les entrevues et le groupe de discussion faisaient état des pratiques apprises par les participants, comme réfléchir au contenu du point de vue des étudiants, réduire les écarts de connaissances et adapter l’apprentissage à la façon de penser de l’apprenant. De plus, les participants à l’ATE étaient plus susceptibles que les personnes n’ayant pas participé à l’Atelier de se pencher sur leurs propres croyances et intentions en matière d’enseignement ainsi que de les mettre en pratique.

« Auparavant, je m’inquiétais d’être la personne en avant de la classe qui devait tout savoir… le modèle présenté à l’Atelier repose beaucoup plus sur l’idée que l’enseignant est un animateur… et je crois que cela m’a aidé à cesser de m’inquiéter au sujet de mon rôle de spécialiste… après cela, j’ai simplement commencé à enseigner et c’est tout ce que je fais maintenant, enseigner… »

« Cette étude représente une étape importante du processus visant à déterminer la façon dont les programmes de formation, et l’ATE en particulier, peuvent aider les membres des corps professoraux à utiliser des pratiques d’enseignement axées sur les étudiants et favorisant l’autoréflexion. Ces pratiques font partie des éléments clés de l’enseignement évolutif », soulignent les auteurs.


Recommandations/Travaux de recherche futurs
Selon les résultats de la recherche, sans programmes de formation comme l’ATE, les enseignants pourraient adopter des techniques d’enseignement moins axées sur les étudiants, ce qui pourrait nuire à l’apprentissage des étudiants, précisent les auteurs. Ces derniers ont ajouté que l’ATE semble offrir une occasion peu coûteuse d’améliorer l’aptitude à l’enseignement des membres des corps professoraux des collèges et universités. 

D’autres recherches pourraient traiter de l’incidence à long terme de l’ATE sur le comportement des enseignants en salle de classe, y compris à quelle fréquence les changements déclarés par les participants se produisent réellement en salle de classe. L’influence de certaines disciplines sur les méthodes d’enseignement pourrait être examinée tout comme le rôle que joue la confiance en soi sur l’utilisation accrue de stratégies d’enseignement productives.

Les auteurs de l’étude L’atelier sur les techniques d’enseignement et son incidence sur l’approche pédagogique de ses participantes et participants sont Debra Dawson, Ken Meadows, Karyn Olsen et Gayle McIntyre du Centre for Research on Teaching and Learning in Higher Education de l’Université Western; Paola Borin et Judy Britnell de l’Université Ryerson.