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avril 23  2013

Caractéristiques et tendances en matière d’accès à l’éducation postsecondaire en Ontario : étude basée sur des données fiscales longitudinales

Ross Finnie et Dejan Pavlic, de l’Université d’Ottawa

Publication complète

L’accès à l’éducation universitaire augmente en Ontario, tout comme l’écart entre les sexes  

Selon une étude du Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur (COQES), la fréquentation universitaire en Ontario (notamment chez les personnes issues de familles à faible revenu) a augmenté au cours des 10 dernières années. Toutefois, l’écart entre les sexes augmente lui aussi : les femmes affichent encore des taux de fréquentation universitaire nettement supérieurs à ceux des hommes. D’après les auteurs de l’étude, il s’agit d’un grand changement comparativement aux générations passées dont les conséquences ne se manifesteront que dans les années à venir.

Description du projet 
Dans le rapport Caractéristiques et tendances en matière d’accès à l’éducation postsecondaire en Ontario : étude basée sur des données fiscales longitudinales, les auteurs utilisent la Base de données administratives longitudinales (BDAL) de Statistique Canada pour évaluer les taux de participation annuels aux études postsecondaires (EPS) de 1999 à 2008, de même que la façon dont les taux d’accès sont associés à des caractéristiques individuelles et familiales, y compris le sexe, le revenu familial, la taille de la région de résidence et la catégorie de famille.

La BDAL convient particulièrement bien à cette analyse pour diverses raisons. Premièrement, elle permet de suivre les taux d’accès aux EPS d’une année à l’autre. Deuxièmement, elle permet d’associer les jeunes à leur famille, de comprendre comment les taux d’accès sont liés à des caractéristiques telles que la catégorie de famille et le revenu, et de voir la façon dont ces relations se transforment au fil du temps. Enfin, la grande taille de l’échantillon permet d’enquêter sur ces relations non seulement pour l’Ontario, mais aussi pour les différentes régions de la province.

Bien que le rapport traite également de la fréquentation collégiale, il met plutôt l’accent sur la participation universitaire. Cela s’explique par le fait que les données sur les crédits d’impôt pour EPS fournies dans la BDAL ne sont pas efficaces pour trouver des étudiantes et étudiants de niveau collégial, et que les caractéristiques individuelles et familiales semblent avoir une plus grande incidence sur les taux de fréquentation universitaire.

Constatations 
L’accroissement de l’accès aux EPS traduit non seulement la forte augmentation associée à l’élimination de la 13e année en 2003, mais aussi une tendance générale à la hausse. Selon l’étude, les augmentations en Ontario sont plus significatives que celles dans le reste du Canada (les provinces faisant partie de la base de comparaison excluent la Colombie-Britannique et l’Alberta en raison de problèmes liés aux données).

Le fossé qui sépare les hommes et les femmes en matière de participation se creuse pendant la période d’analyse. En 2008, 55,9 % des femmes en Ontario avaient fréquenté une université à 21 ans comparativement à 38,4 % des hommes, ce qui représentait un écart de 17,5 %. D’autres rapports du COQUES mentionnent que, de façon générale, même si les femmes accèdent davantage aux EPS, elles ne jouissent pas d’une égalité aux plans des choix de carrière et des revenus : le niveau d’emploi à temps plein est supérieur chez les hommes, tout comme les revenus dans certaines professions.

En outre, la nouvelle étude révèle que les taux de fréquentation sont particulièrement associés au revenu familial (plus le niveau de revenu du milieu dont les personnes sont issues est élevé, plus leurs taux de fréquentation universitaire sont élevés). Cependant, ces écarts diminuent pendant la période d’analyse, principalement en raison des gains réalisés aux niveaux de revenu plus faibles.

Les auteurs observent que la fréquentation universitaire en Ontario dépend moins du revenu que dans certaines autres provinces. De plus, ils soulignent que la BDAL ne contient aucune donnée sur le niveau de scolarité des parents, pourtant considéré dans des recherches antérieures comme l’un des principaux déterminants de la participation aux EPS, et que ce facteur est probablement pris en compte dans les effets du revenu observés.

Répercussions stratégiques 
Les auteurs de l’étude suggèrent que les facteurs qui déterminent l’accès aux EPS en général, et aux études universitaires en particulier, ne sont pas seulement économiques. Les facteurs culturels, soit le fait d’être exposé aux EPS, d’envisager d’entreprendre des EPS et d’y être bien préparé, le tout relativement jeune, sont aussi importants. Les auteurs mentionnent aussi que les programmes pilotes portant sur les obstacles culturels sont sans doute le moyen le plus efficace et équitable d’accroître les taux de participation. Il s’agit notamment de mesures axées sur l’école et qui intègrent l’option d’accès aux EPS au programme d’études général, en commençant au plus tard au début des études secondaires, et plus tôt idéalement.

De la recherche supplémentaire, y compris à l’aide de la BDAL dont le potentiel de recherche a à peine été exploité, permettrait de mieux comprendre les facteurs et les déterminants de l’accès aux EPS.

Les auteurs du rapport Caractéristiques et tendances en matière d’accès à l’éducation postsecondaire en Ontario : étude basée sur des données fiscales longitudinales sont Ross Finnie et Dejan Pavlic, de l’Université d’Ottawa.