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juillet 24  2014

Analyse exploratoire des collèges privés d’enseignement professionnel

Roger Pizarro Milian et Martin Hicks du Conseil ontarien de la qualité de l'enseignement supérieur

Publication complète 


Les collèges privés d’enseignement professionnel : Une option sous-examinée du système d’enseignement postsecondaire de l’Ontario

Même s’ils assurent des services à 53 000 étudiants équivalents temps plein, ou environ un étudiant postsecondaire de la province sur quinze, les collèges privés d’enseignement professionnel (CPEP) représentent une option d’éducation supérieure très peu étudiée en Ontario. Un nouveau rapport publié par le Conseil ontarien de la qualité de l'enseignement supérieur (COQES) brosse un tableau de ces établissements, des étudiants qui les fréquentent ainsi que de leur rôle au sein du système d’enseignement postsecondaire de l’Ontario.

Le rapport révèle que même si les CPEP ne reçoivent pas de financement gouvernemental direct, ils aident le gouvernement à réaliser ses priorités et profitent indirectement des programmes financés par le gouvernement. Par exemple, trois clients sur cinq du programme Deuxième carrière de l'Ontario, qui aide les travailleurs licenciés à payer leurs frais de scolarité et de subsistance, sont inscrits dans un collège privé d’enseignement professionnel. De plus, le gouvernement accorde du financement par l’intermédiaire du Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario (RAFEO) et donne accès au programme de réduction de 30 % des frais de scolarité aux étudiants d’environ 170 CPEP qui satisfont aux exigences de rendement prescrites.

Description du projet
Reposant sur des données accessibles au public et sur une analyse environnementale des travaux de recherche en cours, l'étude Analyse exploratoire des collèges privés d’enseignement professionnel situe les collèges privés d’enseignement professionnel dans le reste du système d’enseignement supérieur de l’Ontario. Les collèges privés d’enseignement professionnel représentent l’option la plus importante en Ontario pour suivre des études postsecondaires en salle de classe. Ils sont réglementés par le gouvernement et doivent se conformer à une série de dispositions relatives à la protection des consommateurs, y compris conclure des contrats écrits avec les étudiants au sujet des droits des étudiants, respecter les politiques établies sur le remboursement des frais de scolarité ainsi que mettre en place un processus de traitement des plaintes des étudiants et un processus d'examen de la qualité des programmes effectué par un tiers. À l'heure actuelle, les 420 collèges privés d’enseignement professionnel inscrits mènent leurs activités à un peu plus de 600 endroits. La majorité des CPEP sont des entreprises privées à but lucratif dont les revenus globaux s’élevaient à 650 millions de dollars en 2011-2012.

Constatations
Étant donné que les collèges publics et les collèges privés d'enseignement professionnel ont une orientation fondamentalement professionnelle, assurent un enseignement menant principalement à un certificat ou à un diplôme et répondent avant tout aux besoins du même marché du travail de l’Ontario, il existe donc certains chevauchements entre les deux secteurs. Les collèges privés d’enseignement professionnel s'affairent principalement à faire acquérir aux futurs diplômés les compétences liées directement à un emploi et ne sont pas tenus d'inculquer aux étudiants les compétences générales en communications, en numératie, en gestion de l’information, en pensée critique, en résolution de problèmes et en relations interpersonnelles comme le doivent les collèges publics. Bon nombre de collèges privés d’enseignement professionnel se spécialisent dans un seul domaine, comme le fait l’Audio Recording Academy à Ottawa et à Toronto, qui fournit une formation sur l’enregistrement audio appliqué et l'industrie de la musique. Les deux domaines où le nombre d’inscriptions est le plus élevé, représentant près de la moitié des effectifs, sont les affaires et les services de santé.

Même si le gouvernement de l'Ontario a créé des occasions de transférer les crédits, de reconnaître les titres et d’établir des programmes coopératifs entre les collèges et universités, aucune initiative n’est menée à l’échelle du système sur la mobilité des étudiants entre les collèges privés d’enseignement professionnel et les collèges publics. Seulement quelques établissements ont établi des partenariats entre eux.

Les caractéristiques démographiques des étudiants des collèges privés d’enseignement professionnel tendent à être différentes de celles de leurs homologues se trouvant dans d’autres secteurs du système d’études postsecondaires. Ils sont habituellement plus âgés, près de la moitié ont 25 ans ou plus, et sont plus susceptibles d’avoir la charge d’enfants de moins de 18 ans. Il est plus probable qu’ils aient immigré au Canada et que leur langue maternelle ne soit pas l’anglais. Un nombre important des étudiants inscrits n’avaient pas entrepris des études postsecondaires tout de suite après le secondaire en raison d’une incertitude au sujet de leur carrière, de difficultés financières, de problèmes familiaux ou d’un manque d’intérêt.

Habituellement, la durée des programmes des collèges privés d’enseignement professionnel est plus courte. Même si les frais de scolarité sont plus élevés de manière annualisée, l’écart est réduit lorsque l’on tient compte du fait que la durée moyenne des programmes est moindre. Il semble que les taux d'emploi des diplômés des collèges privés d'enseignement professionnel de l'Ontario sont légèrement inférieurs à ceux des diplômés des collèges publics ou des universités six mois après l’obtention du diplôme. Par contre, à l'échelle nationale, les taux des collèges privés d'enseignement professionnel sont comparables à ceux d'autres types d'établissements. Un peu plus de 60 % des diplômés d'un collège privé d'enseignement professionnel ont déclaré être satisfaits de leur collège six mois après avoir terminé leur programme. En Ontario, les taux de carence de paiement des prêts étudiants pour les collèges privés d’enseignement professionnel sont plus élevés (21 %) que ceux des établissements publics (13 % pour les collèges, 5 % pour les universités).

La province commence à peine à rassembler des mesures de rendement pour les collèges privés d’enseignement professionnel qui sont comparables à celles recueillies pour les collèges publics, y compris le taux d’obtention de diplôme, le taux d’emploi des diplômés, la satisfaction des diplômés et des employeurs. Ces données ainsi que des renseignements plus précis sur le genre d’étudiants qui choisissent ces établissements pour poursuivre leurs études postsecondaires nous permettront de mieux déterminer le rôle et les résultats des CPEP au sein du milieu de l’enseignement supérieur dans la province.

Les auteurs de l’étude Analyse exploratoire des collèges privés d’enseignement professionnel sont Roger Pizarro Milian et Martin Hicks du Conseil ontarien de la qualité de l'enseignement supérieur (COQES).